LETTRE OUVERTE À MA FAMILLE
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Je suis un dépendant à l'alcool. Je sais qu'il me serait utile d'avoir de l'aide car
je peux difficilement m'en sortir.
Vous voulez m'aidez alors ne cherchez pas de solutions à ma place. Ceci m'amène
à ne plus vous respecter et à me révolter car au fond, je sais ce que j'ai à faire
mais je ne suis pas prêt.
De grâce, pas de sermon, ni morale, ni réprimande, ni blâme, ni argumentation, que
je sois sous l'effet de l'alcool ou non. Cela peut vous soulager, mais cela m'aide pas,
car je me blâme déjà moi-même et plus je souffre plus je veux boire.
N'écoutez pas mes promesses. La nature de ma maladie m'empêche de les tenir,
même si je suis sincère à ce moment là. Les promesses représentent mon seul
moyen de fuir ma souffrance.
Restez ferme dans vos décisions, ne changez pas d'idée constamment car je suis
habile à vous manipuler même si je sais que je paierai la note un jour.
Ne vous mettez pas en colère contre moi, cela vous détruit et ainsi vous ne
trouverez plus de solutions pour m'aider.
Ne laissez pas votre grande inquiétude à mon égard vous envahir, car elle vous
pousse à prendre mes responsabilités et m'empêche de subir les conséquences de
mes gestes.
Ne dissimulez pas ou n'essayez pas de cacher mes gaffes vis-à-vis des autres. Cela
peut réduire les crises, mais cela fait progresser ma maladie.
Par-dessus tout, ne fuyez pas la réalité comme je le fais. Essayez d'être heureux
malgré tout...malgré moi. La dépendance à l'alcool, ma maladie, devient plus grave à
mesure que ma consommation persiste. Votre bonheur sera sûrement pour moi
l'occasion de croire que je peux aussi être heureux sans alcool.
Votre alcoolique